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09/10/2013

Amidou, un grand qui s'en va

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Il fut le commandant d'un sous-marin égyptien, amoureux transi de Françoise, une Mireille Darc convoitée par des espions, avec ou sans valise.

Il fut plus tard un espion en danger, auprès de Robert Redford et de Brad Pitt, dans une impressionnante composition d'acteur.

Amidou était un comédien attachant qui pouvait sans tricher passer de la comédie aux larmes, incarner des personnages complexes et profondément humains, à l'instar de celui qu'il était dans sa vraie vie.

Bon voyage, l'artiste.

Chapeau bas.

14/03/2010

Cette horrible piquette qui a tourné la tête de Jean Ferrat

Sisyphe-Ferrat.jpgLa montagne était belle et l'on pouvait espérer que Jean Ferrat devienne centenaire.

Quand j'ai quitté jadis une autre montagne, rongée par de cupides cancrelats, quelques personnes m'ont fait la surprise, le soir de mon départ, de m'offrir un disque de Ferrat, parce qu'ils savaient mon attachement pour ce chanteur exceptionnel.

Je suis ce soir devant ma table en formica, et je me contente de mon poulet aux hormones. Mais je ne reviendrai pas dans cette belle montagne dont le présent est offert à quelques pourritures. Jusqu'à ce que le futur redonne aux montagnards le courage de les écraser et de redonner à leurs vallées la dignité qu'elles ont en partie perdue.

Jean Ferrat est parti vers d'autres cieux en laissant un message de fraternité. Le message d'un honnête homme.

Celui d'un grand monsieur.

16/02/2010

L'inspecteur Columbo brutalement devenu muet

SAUVION Serge 02 Modif.jpgL'inspecteur Columbo est un héros qui a de la gueule et une voix. Avec son imper à la Borloo et sa voiture française, il harcèle les criminels, généralement bourgeois et suffisants, avec ses questions insistantes, quasi maïeuticiennes, et ses comebacks stressants ("Ah, j'allais oublier...").

Si le visage de Peter FALK, taillé au couteau, Cassavetien, est un des points forts de cette série policière télévisuelle, la voix française, celle de Serge SAUVION, est également essentielle pour donner au personnage de l'inspecteur mal payé un charisme et une force intérieure, celle de la loi sur le crime, malgré l'argent et le pouvoir.

Cette voix ironique colle avec magie au regard pétillant de Peter FALK.

Pour le téléspectateur français, Peter FALK et Serge SAUVION ne formaient qu'un même homme.

Serge SAUVION vient de s'éteindre à l'âge de 80 ans.

Celui qui fut aussi comédien dans son propre corps, commissaire de police dans l'inoubliable film de Georges LAUTNER, "Ne nous fâchons pas", restera immortel avec sa voix unique et familière, celle au surplus partagée par Jack NICHOLSON et Richard BURTON.

Ah, j'oubliais, Serge SAUVION avait lui aussi une belle gueule.

Chapeau l'artiste.

18/01/2010

Eric Zemmour, une enfance tumultueuse à Bâton-Rouge (USA)

sisyphe-zemmour.jpgLe journaliste Eric Zemmour est né à Montréal, au Canada, dans le faubourg de Saint-Denis, mais a passé l'essentiel de son enfance à Bâton-Rouge, en Louisiane, après que son père ambulancier ait décidé de prendre l'exil avec de nombreux Acadiens.

Eric avait huit soeurs, toutes plus jeunes que lui, et devint à l'âge de huit ans le chef de famille quand son père, contraint de travailler à la Nouvelle Orléans, ne rentrait plus qu'un week-end sur deux au domicile familial. Exaspéré pas la ribambelle, Eric imposa son autorité de mâle dominant pour dompter ce troupeau féminin qui piaillait généralement pour un rien.

Bon élève, opiniâtre, mais souvent puni pour avoir tenu tête à ses professeurs, notamment lors des exposés sur le capitalisme, sur le communisme ou sur le féminisme. Son comportement insolent et rebelle ne l'empêchait pas de truster les bonnes notes et les prix d'excellence.

Eric Zemmour était, par ailleurs, un véritable meneur dans la cour de récréation. Il avait sa bande de gros bras: Jo dit "Front Bas" dont le front était balafré depuis qu'un tesson de bouteille avait frôlé son visage lors d'une bagarre au sortir de l'école. Il y avait aussi Mariani, un rital sec aux petits yeux brillants, James dit "le Dandy Rouge" et connu pour être le fils de communistes inscrits sur une liste noire, et enfin "Matcho", un mexicain brun et nerveux.

La bande de Zemmour semait la terreur parmi les autres élèves, prenant à partie les petites filles qui avaient le malheur de jouer aux billes ou à tout autre jeu de garçon, puis, plus tard, harcelant les pré-adolescents qui tardaient à muer, qui n'affirmaient pas suffisamment leur virilité. Eric était très exigeant en matière d'éthique et donnait son avis sur tout. Le directeur de l'école en avait parfois des bouffées de chaleur mais ne disait rien compte tenu des résultats brillants de ce gamin surdoué. Il avait supporté les réflexions de ce dernier sur le choix de la peinture des bancs, sur l'organisation de la bibliothèque, sur les chants de chorale, sur la tenue des surveillants, sur le contenu des discours de rentrée et sur tous les détails quotidiens de la vie scolaire.

Aussi, quand Eric Zemmour quitta la Louisiane pour émigrer en France, un pot fut organisé dans la salle des professeurs où le champagne fit un peu oublier ces années difficiles où seuls les anxiolytiques permettaient de tenir.

Certains, sans doute rancuniers, émirent quelques doutes sur la réalité de l'enfance d'Eric Zemmour.

Eric Zemmour était sans doute entré trop tôt dans la peau d'un adulte.

Et, qui plus est, dans la peau d'un adulte sérieux.

28/12/2009

Michel Houellebecq et le mécanicien quantique

Sisyphe-Mustang.jpgAu volant de sa vieille Mustang, Michel Houellebecq traversait les paysages grandioses du Nevada, alors que la nuit s'avançait, ténébreuse et sans lune.

Sous la lueur tremblante des phares, barbouillés de moucherons, un motel se dessina au milieu d'un quelque part méritant d'y séjourner jusqu'à l'aube.

Quand les doigts de Michel mirent à l'horizontale la clef du neiman, dans la fente afférente, le bruit épouvantable du moteur fit place à un silence mérité. L'écrivain, fatigué, écarquillait les yeux pour apercevoir un gros bonhomme en salopette cambouinée, se rapprochant du véhicule poussiéreux.

L'homme de lettres expliqua alors au technicien négligé que le bolide présentait quelques anomalies mécaniques, et méritait un examen attentif.

Puis il entra dans le motel.

Le mécanicien aperçut sur le siège du passager avant, à la place du mort, trois ouvrages aux titres français:

"Ma vie, mon oeuvre" , de Marc-Edouard Nabe 

"Benjamine Constant" , de Max Planck

"Le guide des bonnes manières" , d'Iggy Pop

Cela le fit sourire. Il lisait le français dans le texte et entre les lignes, né d'une mère française, exilée à San Francisco à l'époque des maisons bleues. Par ailleurs, John, de son prénom, avait acquis un diplôme en mécanique quantique au LEP de Carson-les-Gonesse, Nevada, et connaissait de ce fait l'oeuvre de Nabe, fervent défenseur de la relativité restreinte, et nécessaire opposant à la cause quantique.

Tout en démontant le delco, il se demandait pourquoi un lecteur de Planck pouvait encore conserver les brûlots de Marc-Edouard. 

"Encore une incertitude heisenbergienne" , se dit-il en vérifiant les bougies dont les écarts type n'expliquaient pas le dérèglement du moteur.

Il découvrit que le dysfonctionnement était né d'une absence de commutateur. Il remit donc en place le cable de superposition afin de supprimer cette décohérence entre les six cylindres.

Le lendemain matin, Michel Houellebecq reprit le volant d'une Mustang remise sur pattes et poursuivit sa route vers l'Ouest, sans s'apercevoir qu'il manquait un livre sur le siège, à sa droite.

Le soleil brillait et la radio passait "Playa Blanca".

Le moteur ronronnait au milieu du désert.

Tout allait bien.

16/11/2009

Le scandale des BD sans auteur

Sisyphe-Goossens.jpgEn 2013, la Haute Autorité de la Bande-Dessinée (HABD) publia un rapport sur le scandale des bandes dessinées sans auteur. Elle suivait en cela la Haute Autorité des Blagues et Histoires Drôles (HABHD) qui avait dénoncé l'absence de création humaine à propos des blagues de Toto et des blagues belges.

En matière de BD (ancien nom des cartoons), il était strictement interdit de créer toute oeuvre de l'esprit par ordinateur.

Or, les inspecteurs de la HABD avaient découvert que les albums de la série "l'Encyclopédie des bébés", faussement signé par un certain Daniel GOOSSENS, étaient en réalité l'oeuvre d'un logiciel de littérature numérique illustrée, le fameux "PMAO" ("Petits mikés assistés par ordinateur"), écrit en langage C++ en 2001, dans une cave du lycée Boris VIAN, situé à deux doigts du Musée Nostradamus, à Salon-de-Provence.

Une fois la supercherie découverte, les plus grands experts en littérature à bulle glosèrent de symposium en colloque, chacun estimant qu'il s'en doutait. L'humour non sensique ne pouvait, à un tel degré de complexité narrative et scripturale, être né du cerveau d'un simple être humain.

Le logiciel, un fois repéré, fut rapidement arrêté, débogué, puis condamné à une peine de desassemblage avec effacement des fichiers sources.

Réduit à une routine du genre deuligne, le logiciel se contenta de créer des historiettes contant les gentilles aventures de triplés bien coiffés.

Il y eût, pour finir, un scandale dans le scandale.

On découvrit que les albums "Georges et Louis", s'il n'étaient pas l'oeuvre d'un programme ou d'un quelconque moteur d'inférence, étaient en revanche attribuables aux sieurs BOUVARD et PECUCHET. Mais cela ne relevait pas des compétences de la HABD.

Le dossier était clos.

29/10/2009

La beauté cachée de Katsuni

Sisyphe-Katsuni.jpgUne jeune-fille élégante et raffinée, surnommée Katsuni, était ce soir-là interrogée par un Laurent Ruquier, Monsieur Loyal du cirque télévisuel du samedi soir.

J'avais vaguement entendu parler d'elle. Il faut dire que mon abonnement à Canal Plus avait expiré depuis fort longtemps et que je n'avais jamais eu le courage de mettre les pieds, et le reste du corps, dans un magasin de films cochons.

Ayant aperçu la bande-annonce de l'émission, je m'en fus préalablement poser mon regard curieux et dépourvu de toute lubricité, compte tenu de mon âge avancé, sur les pages de l'internet.

L'actrice arborait certes une plastique irréprochable, sauf à regretter le temps d'avant le silicone d'intérieur, et son visage rayonnait d'une beauté métissée, originale, manganienne et sublime.

Mais les photos... Ces tristes photos d'action horizontaliste, ces maquillages outranciers, ces poses banales, ces mimiques mille fois surjouées, tout cela rendait la chair presque déprimante, alors même que je n'avais pas encore fini de lire tous les livres.

Puis vint l'émission, avec son lot de calembours coquins qui font honneur au service public.

Après le départ d'une femme blonde très autoritaire, manifestement politique, ce fut le tour de parole de Katsuni.

Autant les belles femmes idiotes deviennent laides dès qu'elles ouvrent la bouche (comme disait misogyniquement Philippe Bouvard à propos d'une ex candidate à l'élection présidentielle corrézienne), autant Katsuni, l'oeil vif et l'intellect habile, n'en devenait que plus belle, plus lumineuse, faisant oublier les photographies glauques du passé et les questions lourdingues du présent.

Pour un Empire des sens, il existe des milliers de daubes en 24 images seconde issues d'une industrie dont la seule honte c'est qu'elle est écartelée entre le tartuffisme ambiant et la main-mise corrélative de nombreux tâcherons.

Mademoiselle Katsuni, je vous adresse l'expression de mon admiration platonifique.

Je n'irai sans doute pas voir vos films, mais votre intelligence et votre beauté m'auront, pour quelques instants, fait oublier la tristesse des lucarnes lumineuses.

 
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