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09/10/2013

Amidou, un grand qui s'en va

Amidou,cinéma,comédien,france,marocL

Il fut le commandant d'un sous-marin égyptien, amoureux transi de Françoise, une Mireille Darc convoitée par des espions, avec ou sans valise.

Il fut plus tard un espion en danger, auprès de Robert Redford et de Brad Pitt, dans une impressionnante composition d'acteur.

Amidou était un comédien attachant qui pouvait sans tricher passer de la comédie aux larmes, incarner des personnages complexes et profondément humains, à l'instar de celui qu'il était dans sa vraie vie.

Bon voyage, l'artiste.

Chapeau bas.

19/06/2012

Les sables mouvants du chasseur Philippe Noiret

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Il en est des films comme de tous les instants de la vie. Certaines images s'ancrent dans nos souvenirs pendant que les autres volent au vent d'automne.
 
Yves Boisset est un réalisateur engagé, courageux, et désormais non financé.
 
Il fut un temps où il dénonçait, là où d' autres excellaient dans la pudeur autruchienne. Volontairement démonstratif, parfois appuyé, mais toujours sincère, il s'est occasionnellement échappé sur des chemins de traverse.
 
Il a offert à Jean Carmet l'un de ses plus beaux rôles ("Dupont Lajoie"), et que dire du personnage servi à la sensible Miou Miou, dans un film terrible, "La Femme Flic".
 
Souvent prémonitoire, il annonce la Télé Réalité de la Télé Poubelle, avec "Le Prix du Danger", où Gérard Lanvin échappe au contrôle des apprentis sorciers de la lucarne magique.
 
Ses évasions prennent, parfois, la teinte de l'aventure ou du drame sans thème. Le bonheur n'est pas dans le pré, les jours de "Canicule", et Myriem Roussel, la sublime Myriem Roussel, l'intemporelle Myriem Roussel, transpose les bleus de son âme dans l'enfer d'un road movie provençal, entre un Tchéky Karyo qui bavure à outrance et un Lambert Wilson qui redonne un semblant d'ordre à un monde en déroute.
 
Ses évasions prennent aussi le vert, dans un coin de l'Irlande pour vacanciers chics, avec un taxi mauve conduit par le roi des claquettes et de la contredanse. Et puis, il y a Noiret. Monsieur Noiret. Qui part chasser avec son chien, dans la nature sauvage, loin des orangers et du bitume. Un chien fidèle et responsable.
 
Un beau jour, ou peut-être un soir, Noiret, enfin, son personnage, qui rentre bredouille vers le manoir des névrosés, sans même avoir pu tirer un aigle, Noiret ne sait pas encore qu'il va changer le miroir sans tain de son existence pour un miroir parfait, lui renvoyant l'image de celui qui se cache au tréfond de lui.
 
A quelques lieux de l'arrivée, il pose le pied sur un sol mou, sur du sable mouillé, sur des sables mouvants, et puis... Rien. Il se laisse aller, à l'enfoncement, dans un lent glissement vers la mort, découvrant que son énergie vitale n'a plus de fondations, n'a plus de fondement. Le sable l'engloutit déjà jusqu'au thorax, quand il entend, enfin, venir de l'Outre-tombe l'aboiement de son chien, de ce brave chien qui le ramène à la vie, jusqu'à la rive du Styx. Noiret s'accroche alors à quelques branches et son âme lui commande de poursuivre sa lutte, son existence.
 
Il rentre vivant, vivant et bredouille. Et couvert de boue.

03/11/2009

Cinéman et les cuisines de Yann MOIX

Sisyphe - Cinéman.jpgLes cinéphiles sont presque aussi fascinants que le cinéma lui-même. A l'instar de Jean-Luc PETITRENAUD en cuisine, ils vous donnent l'eau à la bouche et l'envie de vous jeter dans une salle d'art et d'essai au menu alléchant, où les entrées bariolées à la Méliès vous agitent les papilles, avant d'aborder un Fellini doux-amer, un Truffaut aux 400 arômes, un Bergman aux sept sauces ou un Woody Allen à l'ananas essaisseur, pour finir par des profiterolles Etaix (récemment dégelées) ou une tarte Tati, façon Tonton.

On sent bien que Yann MOIX, tout comme Michel GONDRY ou Quentin TARANTINO, a baigné sa jeunesse les yeux rivés sur la toile.

Mais alors que GONDRY poétise ses références VHS et que TARANTINO joue les alchimistes, MOIX frôle l'exercice de style, démontrant certes qu'il sait nous offrir de sublimes images, du rêve et de la fantaisie, mais il en oublie le scénario et c'est tout de même un peu frustrant, il faut le dire.

J'ai personnellement aimé le film, mais cela m'a fait penser à ces restaurants où, malgré une cuisine exquise, le serveur vous balance les plats sur la table sans un regard.

Il y avait dans "le Magnifique" de Philippe de BROCA, l'idée de génie de diviser Jean-Paul BELMONDO entre une réalité bien terre à terre, et un imaginaire jubilatoire.

Yann MOIX nous offre quelques brèves scènes de chantier où Cinéman se heurte au monde réel, mais c'est bien trop court, et dès que Cinéman entre dans son université ou dans son loft arboré, le monde devient encore plus irréel que les squats du héros dans les pellicules.

La réalité c'était le sel de ce plat moixien, et le fantasque en était le sucre. Un plat salé-sucré impose un équilibre subtil au risque, sinon, de devenir simplement douçâtre.

Et pourquoi avoir laissé Pierre RICHARD (extraordinaire) dans son jardin, alors qu'il aurait pu accompagner Franck DUBOSC dans les films...? C'est d'ailleurs ce que sollicite précisément Pierre RICHARD in fine, laissant augurer peut-être d'une suite mieux construite.

Pour les fans de DUBOSC, dont je suis, reconnaissons qu'il y a encore quelques grumaux de cabotinage, mais la mixture est beaucoup plus réussie qu'autrefois.

Bon, Yann MOIX, pour résumer, ta cuisine c'est goûteux, tes ingrédients sont de qualité, mais ton service en salle est à revoir et surtout n'hésite pas à mettre du liant dans ta sauce.

Je n'ai pas tout digéré mais il me reste un goût plus qu'agréable en bouche.

Et je lève mon verre à la santé du cinéma.

 
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