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16/11/2009

Le scandale des BD sans auteur

Sisyphe-Goossens.jpgEn 2013, la Haute Autorité de la Bande-Dessinée (HABD) publia un rapport sur le scandale des bandes dessinées sans auteur. Elle suivait en cela la Haute Autorité des Blagues et Histoires Drôles (HABHD) qui avait dénoncé l'absence de création humaine à propos des blagues de Toto et des blagues belges.

En matière de BD (ancien nom des cartoons), il était strictement interdit de créer toute oeuvre de l'esprit par ordinateur.

Or, les inspecteurs de la HABD avaient découvert que les albums de la série "l'Encyclopédie des bébés", faussement signé par un certain Daniel GOOSSENS, étaient en réalité l'oeuvre d'un logiciel de littérature numérique illustrée, le fameux "PMAO" ("Petits mikés assistés par ordinateur"), écrit en langage C++ en 2001, dans une cave du lycée Boris VIAN, situé à deux doigts du Musée Nostradamus, à Salon-de-Provence.

Une fois la supercherie découverte, les plus grands experts en littérature à bulle glosèrent de symposium en colloque, chacun estimant qu'il s'en doutait. L'humour non sensique ne pouvait, à un tel degré de complexité narrative et scripturale, être né du cerveau d'un simple être humain.

Le logiciel, un fois repéré, fut rapidement arrêté, débogué, puis condamné à une peine de desassemblage avec effacement des fichiers sources.

Réduit à une routine du genre deuligne, le logiciel se contenta de créer des historiettes contant les gentilles aventures de triplés bien coiffés.

Il y eût, pour finir, un scandale dans le scandale.

On découvrit que les albums "Georges et Louis", s'il n'étaient pas l'oeuvre d'un programme ou d'un quelconque moteur d'inférence, étaient en revanche attribuables aux sieurs BOUVARD et PECUCHET. Mais cela ne relevait pas des compétences de la HABD.

Le dossier était clos.

03/11/2009

Cinéman et les cuisines de Yann MOIX

Sisyphe - Cinéman.jpgLes cinéphiles sont presque aussi fascinants que le cinéma lui-même. A l'instar de Jean-Luc PETITRENAUD en cuisine, ils vous donnent l'eau à la bouche et l'envie de vous jeter dans une salle d'art et d'essai au menu alléchant, où les entrées bariolées à la Méliès vous agitent les papilles, avant d'aborder un Fellini doux-amer, un Truffaut aux 400 arômes, un Bergman aux sept sauces ou un Woody Allen à l'ananas essaisseur, pour finir par des profiterolles Etaix (récemment dégelées) ou une tarte Tati, façon Tonton.

On sent bien que Yann MOIX, tout comme Michel GONDRY ou Quentin TARANTINO, a baigné sa jeunesse les yeux rivés sur la toile.

Mais alors que GONDRY poétise ses références VHS et que TARANTINO joue les alchimistes, MOIX frôle l'exercice de style, démontrant certes qu'il sait nous offrir de sublimes images, du rêve et de la fantaisie, mais il en oublie le scénario et c'est tout de même un peu frustrant, il faut le dire.

J'ai personnellement aimé le film, mais cela m'a fait penser à ces restaurants où, malgré une cuisine exquise, le serveur vous balance les plats sur la table sans un regard.

Il y avait dans "le Magnifique" de Philippe de BROCA, l'idée de génie de diviser Jean-Paul BELMONDO entre une réalité bien terre à terre, et un imaginaire jubilatoire.

Yann MOIX nous offre quelques brèves scènes de chantier où Cinéman se heurte au monde réel, mais c'est bien trop court, et dès que Cinéman entre dans son université ou dans son loft arboré, le monde devient encore plus irréel que les squats du héros dans les pellicules.

La réalité c'était le sel de ce plat moixien, et le fantasque en était le sucre. Un plat salé-sucré impose un équilibre subtil au risque, sinon, de devenir simplement douçâtre.

Et pourquoi avoir laissé Pierre RICHARD (extraordinaire) dans son jardin, alors qu'il aurait pu accompagner Franck DUBOSC dans les films...? C'est d'ailleurs ce que sollicite précisément Pierre RICHARD in fine, laissant augurer peut-être d'une suite mieux construite.

Pour les fans de DUBOSC, dont je suis, reconnaissons qu'il y a encore quelques grumaux de cabotinage, mais la mixture est beaucoup plus réussie qu'autrefois.

Bon, Yann MOIX, pour résumer, ta cuisine c'est goûteux, tes ingrédients sont de qualité, mais ton service en salle est à revoir et surtout n'hésite pas à mettre du liant dans ta sauce.

Je n'ai pas tout digéré mais il me reste un goût plus qu'agréable en bouche.

Et je lève mon verre à la santé du cinéma.

 
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