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28/08/2009

Radio Souvenirs (II): France Inter

Sisyphe-Logo-France-Inter.jpgEn vérité, France-Inter resta pour moi limitée, au début, au "Jeu des Mille Francs" avec l'enthousiaste Lucien Jeunesse, celui qui jonglait avec les questions bleues de Madame Michu et les questions rouges de Monsieur Dupondt, entre deux "Oh! Quel dommage..." manifestement sincères. Nous l'écoutions en famille, au son d'un inéluctable "ding-ding" et d'encourageants "Super! Super!". Super Banco, il va de soi.

J'écoutais aussi Anne Gaillard, pasionaria qui défendait les causes perdues. Mon affection pour les Don Quichotte est sans doute née avec la découverte de personnages de cette force (de caractère).

Plus tard, quand un poste radio rejoignit ma chambre d'adolescent, puis mon studio meublé de jeune adulte, je passais de longues soirées en compagnie d'animateurs inoubliables.

Je pense en premier lieu à Jean-Louis Foulquier, chantre de la Chanson Francophone, avec ses entretiens complices avec les Bernard Lavilliers, Jacques Higelin, Robert Charlebois, Brigitte Fontaine et Charlélie Couture, en passant par Alain BashungGilbert Lafaille et le Procédé Guimard-Delaunay, et plein d'autres. Il y aura tout juste un an, demain, que sa dernière émission a été diffusée. Il paraît que les abeilles disparaissent. Selons certaines sources, les pesticides seraient responsable. La suppression de "Pollen" y est-elle pour quelque chose...? Cette voix rocailleuse était irremplaçable, dans ce bistrot imaginaire et chaleureux.

Je pense aussi au flegmatique Pierre Bouteiller, ironique et cultivé (CQFD), symbole de l'élégance intellectuelle. Son éloge perfide de la musique militaire fut un jour bien savoureux. Et que dire de ce débat surréaliste arbitré entre deux voix strictement identiques, celles de Daniel Cohn-Bendit et de Fabrice Lucchini, avec inévitable victoire au temps de ce dernier... Outre, bien-sûr, le "Masque et la plume" qui suit et qui n'a rien à voir avec "Eyes Wide Shut" de Kubrick.

Il y avait aussi Patrice Blanc-Francard et son "Bikini", lointain précurseur des "Enfants du Rock", Bernard Lenoir et son "FeedBack" également Rock'n'Roll, mais d'une autre manière, d'où l'intérêt de suivre les deux émissions, sans parler de celle qui arrivait à la suite encore avec un Philippe Manoeuvre survolté, accompagné d'une certaine Brenda Jackson.

Petite mention jazzy à Julien Delli Fiori et ses deux nénettes, l'explosive Clémentine Célarié (quel régal) puis la plus calme Daniela Lumbroso. Si je dois ma découverte du jazz à Philippe Bouvard, je dois certains très bon moments à l'émission de JDF.

Plus tard (dans la nuit), j'écoutais José Arthur et son "Pop-Club" aussi garni qu'un tableau d'Olivia Télé Clavel, avec les bruits de fond de verres et de bavardages environnants. Un vrai bonheur.

Il m'est arrivé de rejoindre, vers minuit, quelques fois Macha Béranger et sa voix rauque, autour de thèmes plus murs que mon âge, encore que...

Nuitament aussi, "les Tréteaux de la nuit" imposaient l'attention dans un théâtre imaginaire aux silences inoubliables. Je crois bien avoir (re)découvert France-Inter avec cette émission que je pouvais écouter le week-end...

Au petit matin, je découvrais les chroniques de Jean-François Kahn et de Dominique Jamet, plus tard celles de Guy Carlier ou de Philippe Meyer ("le futur ne manque pas d'avenir").

J'ai le souvenirs de dimanches matin avec "l'Oreille en coin" et les consorts Jean Amadou, Maurice Horgues, Jacques Mailhot, Jacques Ramade et Anne-Marie Carrière, mais des souvenirs de télé ultérieurs interfèrent sur les souvenirs qui me restent de ces chansonniers de talent.

Jean-Christophe Averty a, de son côté, fait naître en moi une nostalgie parfois mélancolique avec son amour du Music-Hall, et son générique de Monsieur Charles Trénet (de son vivant). De la radio en noir et blanc, raffinée, bavarde et musicale.

Je dois aussi mentionner l'inégalable "Masque et la Plume" où le peu de culture qui me reste frissonne encore de ces débats endiablés autour de films et de livres qui ne laissaient personne indifférents. Les mots volaient parfois bas mais les idées volaient toujours très haut. Je commençais avec François-Régis Bastide puis avec le susmentionné Pierre Bouteiller.

Wikipedia, qui me vient actuellement en aide, à défaut de madeleines, ne donne pas mention de Gérard Lefort, mais il me semble bien avoir entendu ce critique acerbe à maintes reprises le dimanche soir, en rentrant de la campagne. En tout cas, Jérôme Garcin y était bien...

Je me souviens également des après-midi avec Patricia MartinSylvain AugierLaurent Broomhead, Kriss Graffiti, Jacques Pradel (excellent au regard de ce qui suivit hélas à la télé), Eve Ruggieri et son remarquable talent de conteuse, Pascale Clarck et sa voix... quelle voix... Et j'oublie sûrement du beau monde... Ah! Madeleine, vient donc servir à boire à ma mémoire...

Et Jacques Chancel, dans tout ça...? Cela dépendait de l'invité de "Radioscopie". En tout cas, une voix appréciable, confortable, un rythme lent qui ne s'accélérait qu'à la fin avec un aurevoir qui nous sortait de notre torpeur et un générique de fin musical qui nous rappelait qu'il y a une vie aussi après la radio.

J'allais oublier ces soirées de stress avec les Multiplex de Jean-Paul Brouchon, Pierre Loctin et Jacques Vendroux et les correspondants hystériques... Et ces buts qui fusaient toujours en même temps... "S'il vous plaît, pas tous en même temps !"

Je reconnais être allé parfois écouter aussi Eugène Saccomano, mais bon, il y a prescription...

Je pourrais terminer en évoquant Laurent Ruquier et toute sa bande, mais nous arrivons là dans ce qui a suivi l'histoire de ma radio, avec d'autres bonnes choses comme le diplomate Stéphane Guillon.

En fait, je terminerai avec "le Tribunal des Flagrants délires", présidé par un juge à l'intelligence rusée, le gant de velours de la radio entourant une main ferme, je veux parler du grand Claude Villers, accompagné par les réquisitoires de l'impitoyable Pierre Desproges, maître du verbe et de la saillie spirituelle et sanglante. Sa parole était on-ne-peut-plus libre. Enfin, ce cher Luis Rego qui supportait avec complicité les plaisanteries de Pierre Desproges sur le Portugal et plaidait en marchant sur sa robe d'alto du barreau.

Merci à vous, animateurs doués.

Merci de m'avoir autant fait aimer la radio, en général, et votre station, en particulier.

Je vous dis "à demain", si vous le voulez bien...

 

09/08/2009

Gérard BARRAY, inaltérable héros

Sisyphe-Barray.jpgGérard Barray fut certes un véritable San Antonio, plus ironique que caustique, le regard malin, le costume sur mesure et une dégaine qu'aurait approuvé l'espion Bob Saint-Clar.

Il fut surtout un excellent Surcouf, un corsaire bondissant, charismatique, échappant aux boulets de canons des pirates et des critiques de Télérama.

La persistence rétinienne cinéphilique s'imprime sur l'Histoire, et Robert le Malouin portera toujours en surimpression le visage de Gérard Barray.

En 2009, il n'y a plus beaucoup de héros, ni dans la vie, ni sur papier, ni sur écran.

La soumission est de mode.

Il reste quelques souvenirs...

Hissez la grand voile, et parez à l'abordage.

Si nous devons sombrer, que ce soit avec panache.

Bon vent, Capitaine Barray.

 
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