19.05.2011
Quand le droit à l'information s'essuie les pieds sur la présomption d'innocence
Alain Genestar n'est pas un maquignon.
Il s'extasie aujourd'hui dans les colonnes du journal le Monde (un quotidien jadis dépourvu de photographies) sur la publication, en France, des clichés sordides d'un homme entravé et conduit dans un palais de justice new yorkais.
Une photographie d'homme présumé innocent, non condamné, serait donc "un élément essentiel au débat démocratique" (c'est Genestar qui le dit).
Généralement, le courage des lâches est de se lancer à la suite d'intrépides irresponsables qui n'ont que faire des droits de l'homme, qui n'ont cure de livrer en patûre au voyeurisme moderne l'image d'un homme défait. Une image que la loi française avait pourtant vocation à protéger, pour son honneur et sa dignité.
Mais en des temps où la télé-réalité a mis en scène de pauvres bougres avides de notoriété dans une arène où l'humiliation fait vibrer l'instinctive cruauté du spectateur, comme aux sombres périodes des cirques romains et des gladiateurs expiatoires, il fallait fixer du regard, avec fascination le triste spectacle d'une descente aux enfers.
Le "grand" public fait et défait ses icônes, sans humanité.
Non, Monsieur Genestar, il ne fallait pas publier ces images. Même si elles ont permis à certains de vendre du papier.
Il y avait une loi à respecter. Vous savez, celle du 29 juillet 1881, dite "loi sur la liberté de la presse"... Avec son modeste article 35 ter.
Il y avait aussi un homme à respecter.
Et la victime, me direz-vous, la victime présumée. Dans votre article paru au Monde, vous n'en soufflez mot, pas même un allusion. Eh oui, le choc des photos camoufle parfois le vide des idées.
Juste un dernier mot. Il y a quelques années, vous aviez publié une photo dans Match qui vous avait valu quelques menus problèmes. On comprendra dès lors que vos propos d'aujourd'hui dépassent New York, et sont, peut-être, un cri du coeur tardif.
Votre réthorique ne tient pas aujourd'hui la route mais votre métier est essentiel à la démocratie. Pour ce second motif, vos propos échapperont au jugement de l'histoire.
Bonne continuation. Sur des routes plus propres.
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Référence: http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/05/19/oui-il-fal...
19:21 Publié dans Codiciles | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : justice, dsk, innocence, presse, genestar (alain)
22.02.2011
Le Guernica de Kadhafi
Les dictateurs n'aiment pas leur peuple, c'est une constante. Ils hésitent rarement à le détruire quand leur régime est au crépuscule. Ils sont les pilotes suicidaires de carlingues miteuses qui entraînent dans la mort, avec eux, tous ceux qu'ils asservissaient jusque là. Ils sont comme ces dirigeants de sectes apocalyptiques prêts à sacrifier leurs fidèles soumis, quand la supercherie touche à sa fin.
Staline, Mao, Hitler, la liste est longue. Elle est effroyable, elle n'est pas finie.
Certains ont testé la destruction, dans un acte localisé et expérimental. Le sinistre Franco avait demandé l'aide des bombardiers allemands pour détruire le village de Guernica. Cet acte destructeur de vies humaines était pour les tyrans d'alors un acte fondateur des génocides à venir, inspirés de ceux ayant déjà notamment anéanti le peuple arménien de Turquie.
Rama Yade, secrétaire d'État aux droit de l'homme, avait naguère déclaré, courageusement mais sans écho, que la France n'était pas un paillasson. Il est manifeste que pour le dictateur libyen, le dénommé Mouammar Kadhafi, la Libye n'est même plus un paillasson, c'est un pays qui doit être détruit s'il n'en a plus la possession. Son rejeton l'a même expressément annoncé.
La Libye ne sera-t'elle plus, bientôt, qu'un ruban de Guernicas en ruines...?
Le monde va-t'il rester passif comme en 1937...?
L'avenir c'est aujourd'hui. Le courage c'est maintenant.
Ou jamais.
12:33 Publié dans Codiciles | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : kadhafi (mouammar), libye, guernica, dictature, apocalypse, guerre, folie, suicide, yade (rama)
16.02.2011
Vive la République Bananiaise
La République bananiaise est un concept mélant, sans excessive subtilité, la froide constatation d'une corruptibilité décomplexée et l'acceptation passive d'une bêtise crasse. Si l'on se réfère à Hegel ou à Spinoza, on peut
stop
chuis vener la; g vé pa kontinué dékrir déchoz kiméchap alor kon ma promi lagrégassion é 1 post de chef de buro. ouai passke toton il é bien plassé. ouala.
ptdr yen a kipass dé konkour mdr lol 7 apleuré.. moii g just 1 rézo F.i.kass.... lavanssman o mérit kidiz. a lé batar :))))
allé bone bourr pour seu ki veul réussir o méritt
ptdr x20 8-())
é viv larépublik
17:11 Publié dans Codiciles | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : république, égalité, corrumption, clientélisme, intelligence, bêtise
23.08.2010
L'inception qui confirme le rêve
Ne rêvons pas, l'onirisme forcé sera demain dans le domaine des possibles. Le cerveau est un immense continent dont la cartographie et les méandres font l'objet d'inénarrables recherches, et de découvertes de plus en plus précises. L'hypnose ne sera bientôt plus qu'un phénomène de foire pour psychalystes ruinés.
Le film de Christopher Nolan, "Inception", nous montre un Leonardo du Caprio promenant dans des rêves multicouches pour y injecter des idées. Les 2h28 passent sans lasser, entre "ExistenZ" et diverses toiles d'action.
Mais l'idée n'est pas neuve et n'a rien d'exceptionnel.
Introduire une idée, voire plusieurs, dans un cerveau humain est une activité humaine immémoriale et très efficace, notamment pour dominer autrui.
L'escroc préhistorique qui jouait avec les ombres pour effrayer ses colocataires de la grotte était un modeste précurseur.
Depuis, des divinités ont pénétré les esprits, traversant l'espace et le temps, au gré des invasions et des rites très variés. Ont pénétré. Ont été introduites. On peut voir les choses sous différents angles.
La manipulation mentale n'est pas nécessairement divine. Toute autorité investie, tout caïd pignonnant, tout patron convainquant, peut, à l'occasion, voire au quotidien, introduire une conviction dans le crâne de ses subordonnés, pour les subordonner plus encore à son importante personne. Même le vulgaire meneur peut faire oeuvre de maïeutique pour parvenir à ses fins.
Avec un bon microphone, une bonne grosse voix qui gueule dans le sens du poil, un chef peut lever son peuple, et le conduire vers la victoire, puis vers la déroute, puis vers la ruine, le sang et les larmes. C'est un classique de l'histoire du monde.
L'entubage précède généralement la force brute.
Rendre un peuple otaku avant de le mettre au tapis, c'est une question de timing.
Mettre des idées, en gommer bien d'autres. Panem et circences...etc
Bref, quand un peuple s'endort sous les lauriers de son maître, il se prépare des réveils difficiles.
Il faut peut-être y songer.
19:04 Publié dans Codiciles | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : inception, rêves, nolan (christopher), idéologies, manipulation
09.06.2010
La connerie fait plus de bruit que la sagesse
A quoi sert d'alerter "l'opinion publique" quand celle-ci est sourde.
Imaginons quelques instants tous ces intellectuels allemands qui en 1932 prévenaient leurs concitoyens des dangers du nazisme. Que ressentaient-ils devant l'aveuglement et la surdité de la majorité du pays...?
A quoi bon être clairvoyant...?
Les humains, comme les lemmings, suivent parfois le mouvement de l'histoire sous divers prétextes individuels, somme de tous les petits arrangements avec le droit, avec la démocratie, qui permet un jour à des illuminés ou à des incapables ("ou" non exclusif) de conduire un pays, un continent ou une planète à la catastrophe.
Pareillement, et pour exemple, que sont devenus les ingénieurs qui savaient que l'absence de prévention des risques dans l'exploitation pétrolière offshore pouvait conduire à un désastre...? Leur voix s'est-elle tue, étouffée, perdue dans le vent...?
Ah, toutes ces "divines surprises" qui surgissent du néant... "Ah, ben ça alors... J'aurais pas cru".
Le Professeur Jacob a souvent évoqué l'intelligence collective. Il avait raison, elle existe aussi.
Mais elle n'aura jamais la puissance de l'inconscience collective, source des plus grands cataclysmes.
Et dans cette perspective, tout un chacun aura apporté sa petite pierre d'insouciance, d'aveuglement ou de renoncement.
(Silence)
12:37 Publié dans Codiciles | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : intelligence, démocratie, presse, dictature
30.04.2010
Monsieur "Plus jamais ça" va encore sévir.
Monsieur "Plus jamais ça" est désormais un vieillard sans âge. Siglons le PJC, ce sera plus lisible et plus moderne.
PJC, donc, a commencé sa brillante carrière en 1918, après avoir constaté avec effroi que le jeu de petits soldats, qui avait tant amusé les élites guerrières franco-allemandes, était au final une boucherie hallucinante, un remplissage de cimetières militaires et civils, l'érection de majestueux monuments aux morts et une nouvelle preuve de l'imputrescible connerie humaine.
Ce sera la "Der des Der", déclara avec flamme PJC.
Néanmoins, PJC a observé en silence l'entrée des troupes hitlériennes en Rhénanie. Bah, y'a pas de tranchées, ne nous affolons pas.
Puis vint la "divine surprise", et l'écrasement des troupes françaises et alliées. L'invasion, la collaboration, les dénonciations, les déportations, l'extermination industrielle, 60 millions de morts, des villes rasées, un hébètement général et deux bombes atomiques.
PJC se dit alors, "j'y retourne immédiatement" et créa l'ONU pour faire régner la paix dans le monde. Plus jamais ça, version 1945/48.
A part, dans le désordre, la Corée, le Vietnam, l'Algérie, Mao, le Cambodge, la décolonisation, les Malouines, les Congos, Israël et des voisins, l'Irak et l'Iran, les USA et l'Irak et l'Afghanistan, l'Afghanistan et l'URSS... il n'y eut effectivement plus de guerre.
Et bien évidemment, à part l'affrontement des mondes communistes et capitalistes.
PJC a bien constaté combien Staline, Mao, Pol Pot et la famille Kim étaient de sympathiques humanistes, il a de son côté oeuvré à améliorer le sort des humains. Disons d'une partie des humains. Sur le dos d'une autre partie.
PJC a laissé s'installer des dictateurs un peu partout, puis le libéralisme économique qui a même fini par triompher chez les sympathisants du collectivisme et de la dictature du prolétariat.
PJC a admiré la construction de belles centrales nucléaires pas polluantes, avec des nuages obéissants qui évitaient même de venir en France, de plates-formes pétrolières, de pétroliers pas polluants du tout. Sauf accidents. Accidents suivis systématiquement d'un tonitruant "Plus jamais ça" de nature plus pavlovienne qu'intellectuelle.
La vie de PJC est tellement riche, qu'on pourrait aussi raconter ses initiatives quand des avions s'écrasèrent sur des tours américaines, quand des bombes explosèrent un peu partout, quand la corruption entraîna la faillite des démocraties, débitrices à jamais de sombres créanciers, impalpables, jamais désignés mais implacables. Offshore, comme le joli pétrole.
PJC n'est toujours pas à la retraite.
Mais si, un jour futur, après une épidémie de champignons ou de virus, l'humanité est décimée, et que PJC reste seul dans son bunker, le regard candide, en marmonnant "Plus jamais ça", nul doute qu'il aura alors raison.
Il aura en tout cas le dernier mot.
11:34 Publié dans Codiciles | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : guerre, pollution, candeur, pétrole, louisiane
14.03.2010
Cette horrible piquette qui a tourné la tête de Jean Ferrat
La montagne était belle et l'on pouvait espérer que Jean Ferrat devienne centenaire.
Quand j'ai quitté jadis une autre montagne, rongée par de cupides cancrelats, quelques personnes m'ont fait la surprise, le soir de mon départ, de m'offrir un disque de Ferrat, parce qu'ils savaient mon attachement pour ce chanteur exceptionnel.
Je suis ce soir devant ma table en formica, et je me contente de mon poulet aux hormones. Mais je ne reviendrai pas dans cette belle montagne dont le présent est offert à quelques pourritures. Jusqu'à ce que le futur redonne aux montagnards le courage de les écraser et de redonner à leurs vallées la dignité qu'elles ont en partie perdue.
Jean Ferrat est parti vers d'autres cieux en laissant un message de fraternité. Le message d'un honnête homme.
Celui d'un grand monsieur.
00:58 Publié dans Panthéonite | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ferrat (jean), chanson, musique, aragon







